Appel à contributions – n°33: Fab Lab, innovation lab, living lab, etc.: de nouveaux espaces d’innovation ? Pour qui ? Pour quoi faire ?

Entreprendre & Innover, revue trimestrielle, va publier dans son numéro 33 un dossier spécial sur Fab Labs, innovation lab, living labs, et les nouveaux espaces d’innovation.

Rédacteurs

  • Julie FABBRI, EMLYON Business School & Ecole polytechnique i3-CRG
  • Chrystelle GAUJARD, Université Catholique de Lille
  • Anna GLASER, Novancia Business School
  • Olivier TOUTAIN, Univ. Bourgogne Franche-Comté, Burgundy School of Business – CEREN

Des districts industriels marshalliens aux clusters et pôles de compétitivité vulgarisés par Michael Porter, en passant par les technopoles, les villes créatives, et les résidences d’artistes, la question de savoir où naissent et se développent les dynamiques d’innovation et d’entrepreneuriat a toujours attisé la curiosité et l’intérêt des managers, politiques et académiques. Aujourd’hui, ce sont de « nouveaux » types d’espaces, sous des appellations variées, qui attirent l’attention et génèrent des controverses.

Nous distinguons les espaces de travail multi-entreprises (espace de coworking, learning hub, incubateur de startups…), des ateliers de fabrication (fab lab, maker space, TechShop, hacker space…), des laboratoires de recherche et d’innovation (centres de R&D, innovation hub, open lab…), des espaces d’expérimentation publique (living lab, quartier numérique…). Ces différentes catégories ont en commun de mutualiser des mètres carrés, des ressources et des services (machines, wifi, événements…), selon un objectif plus ou moins explicite de stimuler de nouvelles manières d’entreprendre et d’innover. Ainsi, ces « nouveaux » espaces sont souvent prétextes ou vecteurs de diffusion de « nouveaux » concepts et outils comme le lean management, le design thinking, les méthodes agiles, l’entrepreneuriat social, etc.

Le nombre de ces espaces ne cesse d’augmenter partout dans le monde, dans les grandes villes comme dans les zones rurales, sans épargner aucun secteur d’activité (défense, luxe, banque…). Plus de 8 000 espaces de coworking ont été créés en à peine 10 ans sur les cinq continents par Deskmag. Le réseau des fab labs initié par le MIT comprend aujourd’hui près de 1 000 recensements dans le monde. En juillet 2015, 67 % des 200 entreprises interrogées par CSA et Aktan avaient lancé un innovation lab ou envisageaient de le faire dans les 2 ans. Des fonds conséquents sont ainsi dédiés au développement de ces espaces d’innovation ou pour entrepreneurs. Par exemple, la région Ile-de-France (à travers la Fonderie, son agence de développement numérique) a consacré 4,6 millions d’euros pour créer des espaces de travail collaboratifs (télécentres, espaces de coworking ou ateliers partagés) entre 2012 et 2015. Les acteurs à la tête de ces initiatives se diversifient – acteurs privés (entrepreneurs ou grandes entreprises), publics (villes, universités) ou semi-publics (pôles de compétitivité), comme les activités de ces espaces (exposition, restauration, formation, conseil, crèche/école…). Les médias et les espaces eux-mêmes (gestionnaires, sponsors, membres) ne tarissent pas d’éloges sur le potentiel de transformation de ces lieux, supposés rendre leurs occupants plus créatifs, plus engagés, plus collaboratifs, etc. Des liens entre espace, entrepreneuriat, innovation et créativité ont certes été mis en avant dans la littérature académique, mais le phénomène empirique encore jeune rend difficile toute conclusion sur la performance de ces espaces en termes d’entrepreneuriat et d’innovation. De plus, les repositionnements, fermetures et faillites de ces espaces se multiplient. Il est nécessaire, dans un premier temps, de mieux comprendre comment fonctionnent ces espaces, qui les fréquentent et pourquoi, à quel rythme, à quelles conditions, etc.

Ces espaces, qui relèvent de l’action collective, composent aujourd’hui un paysage difficile à lire et à comprendre. La recherche est encore balbutiante en la matière, bien que des pistes prometteuses aient été ouvertes par des auteurs issus de différentes disciplines en sciences sociales (gestion, sociologie, économie, design, anthropologie, urbanisme…). Quelques articles adoptant des perspectives variées en innovation et entrepreneuriat sont particulièrement à mentionner. Capdevila (2015) propose une typologie de ces nouveaux espaces d’innovation en fonction de leur mode de gouvernance et de leurs activités d’exploration et d’exploitation. Fabbri & Charue-Duboc ont étudié le mode d’accompagnement entrepreneurial collectif de pair à pair favorisé par les espaces de coworking pour entrepreneurs innovants (2013), avant de mettre en avant leur rôle d’intermédiaires d’innovation ouverte (2016). Elles rejoignent ainsi les travaux de Pierre et Burret (2014) ayant insisté sur la figure d’animateur d’espace de coworking.

Cet appel à contributions a pour objectif d’offrir quelques éclairages non exhaustifs visant à percevoir le fonctionnement, les motivations, les buts affichés et ce que produisent ces nouveaux espaces dédiés au développement aux impératifs contemporains d’innover et d’entreprendre. Il renvoie ainsi à de nombreux questionnements, dont voici quelques exemples :

  • Comment ces espaces se différencient-ils entre eux ?
  • Comment se positionnent-ils et fonctionnent-ils au sein de l’écosystème entrepreneurial ?
  • Génèrent-t-ils des formes de participation différentes ?
  • Dans quelle mesure constituent-ils des espaces propices à l’émergence d’entrepreneurs et/ou d’intrapreneurs ?
  • Sont-ils adaptés à un type d’entrepreneur et/ou d’innovation spécifique ?
  • Quel(s) type(s) de vision(s) de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans la société ces espaces soutiennent-ils ?

Nous sommes également ouverts aux propositions mettant l’accent sur la combinaison des dimensions spatiale et temporelle de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Nous souhaiterions par exemple questionner le fonctionnement et le rôle des événements collaboratifs qu’organisent ou reçoivent régulièrement ces espaces d’innovation (ex : hackathon, startup week-end, innovation bootcamp, demo day…).

  • Quel est leur rôle au sein des démarches et espaces d’innovation ?
  • Quand et où organiser un événement collaboratif ? Avec qui ? Pour atteindre quels résultats ?
  • Comment « mailler » les outputs de ces événements avec les processus d’innovation internes ?
  • Comment tirer parti de ces dispositifs ponctuels pour transformer les pratiques et l’organisation ?

Consignes aux auteurs

Vous trouverez l’intégralité des consignes sur le site de la revue : https://revueentreprendreinnover.files.wordpress.com/2011/05/consignes-aux-auteurs-ei-janvier-2014.pdf

Les textes sont attendus au format Word, police « Arial », corps 12, en double interligne, avec des pages numérotées. Les articles comprendront entre 18 000 et 22 000 signes ; les résumés de livres ne dépasseront pas 12 000 signes.

Vous pouvez communiquer vos propositions par e-mail aux rédacteurs du numéro spécial :

Ligne éditoriale

La revue Entreprendre et Innover est une revue de vulgarisation de haut niveau dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation édité par DeBoeck Université. Son ambition est de mettre à la portée d’un lectorat de cadres, entrepreneurs, professionnels des réseaux de création d’entreprises et dirigeants d’entreprises, des articles originaux, solides sur le plan scientifique ou innovants sur le plan des idées exprimées, sans s’accaparer des oripeaux des publications académiques. La revue est ouverte à TOUTES les disciplines et à TOUS les points de vue qui s’intéressent à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

Dans la mesure où cette revue s’adresse en priorité à des praticiens, nous restons attentifs à ce que les contributions aient une préoccupation d’applications pratiques, d’implications entrepreneuriales et/ou de recommandations en matière politique.

Dans cet esprit, les contributions devront :

  • avoir une section faisant explicitement référence à ces préoccupations : le lecteur doit toujours pouvoir se dire en fin de lecture : et alors ? en quoi cet article m’aide à agir ou à mieux réfléchir pour mon action future ?
  • adopter un langage plus concret et opérationnel qu’il n’est d’usage dans les revues académiques : la théorie ne doit pas être absente mais vulgarisée, c’est-à-dire traduite en termes simples. Les concepts abstraits doivent être explicités et/ou illustrés par des exemples pratiques.
  • ne pas accumuler les références scientifiques : le but est de choisir quelques auteurs de référence utiles pour comprendre le propos, non de montrer l’exhaustivité de la littérature académique sur le sujet. Les références scientifiques doivent être exclusivement citées grâce aux notes de bas de page.

Chaque numéro propose une thématique particulière qui sert de fil conducteur. Toutefois les articles « hors thème » restent les bienvenus.

Ce numéro spécial paraitra en septembre 2017.

Échéancier

Intention de communication (confirmation de l’intérêt, résumé du propos en quelques lignes et type de contribution retenu) 01 février 2017
Soumission des textes (première version) 01 mars 2017
Parution Septembre 2017

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