Appel à contributions n°26: Dossier spécial sur Nouvelles finances pour l’entrepreneur et l’innovateur

Entreprendre & Innover, revue trimestrielle, va publier dans son numéro 26 un dossier spécial sur les nouvelles finances pour l’entrepreneur et l’innovateur.

Rédacteurs Invités : Benjamin LE PENDEVEN, Florimond LABULLE, et Dominique FRUGIER.

Contrairement à une idée répandue, la création d’entreprises se porte plutôt bien en France. En 2013, 538 100 entreprises ont été créées en France. Un chiffre qui a doublé en 10 ans puisqu’en 2004, 238 971 entreprises avaient été créées. Pourtant, au-delà de ces chiffres et des volontés affichées de soutien public et privé à l’entrepreneuriat, il apparaît que la recherche de financement reste problématique pour de nombreux entrepreneurs.

Les entreprises innovantes n’échappent pas à ce constat déjà ancien. En 2004, le statut de « Jeune Entreprise Innovante » (JEI) était mis en place afin de palier à cette difficulté. Dix ans plus tard, seules un peu plus de 4 500 entreprises ont pu bénéficier de ce statut, et de ses avantages. Cela reste particulièrement faible en comparaison du nombre d’entreprises créées chaque année.

Les créateurs d’entreprises se heurtent pour une grande majorité d’entre eux à de nombreux problèmes d’accès aux sources de financement : difficultés d’octroi de prêts bancaires, manques de garanties, absence de réseau permettant un financement d’amorçage par love money, nombre et importance des business-angels particulièrement réduit en France, ou encore dotations des fonds de capital-investissement relativement modestes.

Le financement de l’entrepreneuriat innovant apparait quant à lui encore plus délicat. De nombreuses recherches sont venues démontrer les causes théoriques et empiriques de ces difficultés :

  • asymétries d’informations particulièrement élevées. En effet, un projet innovant se caractérise par une très forte incertitude liée notamment à la rentabilité du projet, au besoin de confidentialité et au risque d’échec. Encore moins pourvus en compétences technologiques que les innovateurs, les financiers en charge de la sélection (interne ou externe) des projets à financer ne disposent pas d’outils efficaces d’évaluation. Le recours aux experts-consultants ne permet que de réduire ce manque, sans le supprimer ;
  • coûts de faillite élevés. Des auteurs ont démontré le fait que pour les PME, l’investissement financier soit consommé principalement en salaires d’ingénieurs et chercheurs pour de la R&D – donc peu d’actifs revendables en cas de liquidation-, implique la création d’actifs incorporels et spécifiques, et donc des coûts de faillite très élevés. Tous ces éléments, particulièrement marqués en cas d’innovation de rupture, expliquent le fort taux relatif d’autofinancement des petites firmes innovantes ;
  • contraction des liquidités accordables au financement en haut et bas de bilan des TPE/PME. Avec la crise financière de 2008 incitant les établissements bancaires à réduire leur exposition aux risques, et Bâle III venant augmenter le coût d’allocation des actifs en actions, les établissements de crédit ont réduit sensiblement leur exposition au financement entrepreneurial.

Les modes « classiques » de financement ne semblent ainsi pas suffisamment répondre aux besoins des entrepreneurs, qu’ils soient dans un cadre classique ou innovant. C’est pourquoi, les dernières Assises de l’entrepreneuriat ont vu la mise en place d’un groupe de réflexion visant à proposer de nouvelles sources de financements pour l’entrepreneuriat.

Parmi les nouveaux modes de financements, le financement participatif apparaît comme une solution très prisée en France : +160% en 2013 pour 65 millions d’euros levés et un potentiel de collecte d’ici à 2020 estimé aux alentours de 6 milliards d’Euros. Plus largement, un véritable mouvement d’innovations financières à destination des entrepreneurs et des PME se développe en France, et tente de répondre aux insuffisances du marché actuel: affacturage innovant, nouveaux types de fonds de capital-investissement, fonds de garantie entre PME, corporate-venture nouvelle génération ne sont que quelques-uns de ces dispositifs.

L’objectif de ce numéro spécial est de s’intéresser à ces nouveaux modes de financement des jeunes entreprises innovantes, et plus largement des innovations. Venant poser de nouvelles questions à la fois théoriques et empiriques, ils se révèlent à la fois des outils méritant la plus grande attention des chercheurs, et des innovations financières venant bouleverser un marché.

Questionnements possibles :

  1. Dans quelle mesure les entreprises innovantes ont elles des difficultés à trouver des sources externes de financement ?
  2. Quelle est l’évolution des sources de financement de l’innovation au travers du temps et de l’espace ?
  3. Est-ce que l’apparition de nouvelles sources de financements externes (tel que le financement participatif, ou autre) contribue à favoriser véritablement l’innovation, et constitue-t-elle un ensemble de réponses valables aux problèmes de ces entreprises ?
  4. Quels sont ces nouveaux modes de financement de l’entrepreneuriat et de l’innovation ?
  5. Quelles sont les évolutions du corporate venture / du financement participatif / du capital-risque / du financement public / du financement bancaire / de financement en love money et business-angels?
  6. Est-ce que ces nouveaux modes de financement sont adaptés aux projets innovants ?
  7. En quoi ces modes de financement incitent les entrepreneurs à modifier leur plan de financement, voire leur stratégie de développement ?
  8. Quelles sont les implications théoriques de ces modes de financement ?
  9. Quelles sont les évolutions des méthodes de sélection et de financement des projets innovants dans les grandes entreprises ?
  10. Quelles mesures les entreprises mettent-elles en place pour financer des projets extrêmement innovants (projets d’exploration au sens de March notamment) ?
  11. La diversification des modes de financement permet-elle une plus grande diversité entrepreneuriale ?

Cette liste n’est qu’indicative et d’autres questions peuvent bien évidemment être soulevées. Nous sommes particulièrement à la recherche d’approches et d’angles de vue multiples, et intéressés par des études de cas originaux.

Ce numéro d’Entreprendre & Innover est coordonné par Benjamin Le Pendeven, Florimond Labulle, et Dominique Frugier. Conformément à l’esprit de la revue, il se veut un espace de débat et de dialogue entre chercheurs et praticiens. Les contributions attendues devront présenter dans un style clair et lisible des analyses stimulantes et des points de vue originaux, solidement étayés, susceptibles d’être utiles à toutes les parties prenantes.

Les dates principales à retenir sont :

– 31/12/2014 : Soumission des textes originaux

– 28/02/2015 : Retour vers les auteurs

– 31/03/2015 : Date limite d’envoi des textes révisés

– 01/05/2015 : Publication du numéro

Soumissions

Ce numéro thématique est associé à la journée internationale sur les incubateurs qui aura lieu à Toulouse le 23/10/2014 (http://www.tbs-education.fr/sites/default/files/call_for_papers.pdf). Les meilleurs papiers présentés lors de cette journée seront sélectionnés pour être publiés dans ce numéro. Les textes feront l’objet d’une évaluation en double aveugle. Ils doivent impérativement être présentés selon les normes formelles de la revue définies dans la note aux auteurs disponible sur : https://revueentreprendreinnover.files.wordpress.com/2011/05/consignes-aux-auteurs-ei-janvier-2014.pdf

Des contributions portant sur des entretiens avec des chercheurs, des praticiens et des décideurs peuvent également être proposées, ainsi que des résumés d’ouvrages sur le sujet.

Les consignes aux auteurs sont accessibles ici: Consignes aux auteurs E&I – janvier 2014. Il est impératif de les respecter lorsque vous envoyez votre soumission.

Les articles doivent être envoyés exclusivement en format word  avant le 31 décembre 2014  à Elisabeth GELAS à l’adresse suivante gelas@em-lyon.com en mentionnant le titre de l’appel en objet.

Il est expressément demandé aux auteurs de joindre à leur soumission d’article les documents suivants dûment remplis:

Sans ces documents, l’article ne pourra pas être examiné par la rédaction.

Le texte de cet appel à contribution Appel_à_contribution_EI26.

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